Le 21 janvier dernier, à Berlin, Etienne Daho mettait un point final à son «Blitz tour», un show très rock, très enlevé qui avait ravi les fans. Mais dès le lendemain, il avait en tête un nouveau projet. Une «petite» tournée, consacrée à son album «Eden», paru en 1996, qui n’avait pas rencontré les faveurs du public. Car oui après la Dahomania des années 80 et du début des années 90, Daho avait eu besoin de faire un break. Dépassé par l’immense succès, les disques vendus par milliers, les salles hystériques, il était parti pour Londres. S’achetant un pied à terre, menant une vie normale, où il pouvait sortir sans être reconnu, se reconnectant à ses amis, à la musique
La rumeur enfla alors que Daho était mourant, qu’il était atteint du Sida et qu’il avait disparu pour ne pas avoir à en parler. «J’ai très mal vécu cette rumeur, nous disait-il en 2003. Les gens m’appelaient pour savoir comment j’allais, pour savoir si je n’étais pas mort. Ce fut assez douloureux.» Car en réalité, Etienne vivait. Rencontrait des musiciens, tel le groupe St Etienne, avec qui il sortit en 1995 le mini-album «Reserection», passé inaperçu en France, mais qui rencontra un joli succès outre-manche. Et surtout, il prit le temps de composer et d’écrire ce merveilleux «Eden». Un disque profondément impudique, racontant l’homme de 40 ans qu’il était alors. Prêt à tout recommencer, chantant les hésitations de l’amour, les corps entrelacés, l’illusion du sexe, le bonheur aussi de se confronter au regarde de l’autre. Musicalement, «Eden» est le premier album de son exigeante discographie à quitter la pop pure et dure pour s’ouvrir vers des sons électroniques, vers des arrangements de cordes soyeux, écrits par David Whitaker