Il s’en souvient comme si c’était hier. Il y a seize, dix-sept ans, alors qu’un ami producteur lui proposait comme un jeu, lors d’une fête en marge du Festival de Berlin, de citer le nom du réalisateur avec lequel il rêvait de tourner. August Diehl, déjà acteur mais raisonnable bien que passablement alcoolisé, avait balancé le nom d’un cinéaste allemand, avant de se raviser devant l’insistance de son interlocuteur qui l’enjoignait de « penser plus gros ». « J’ai finalement dit Terrence Malick. Parce que depuis mon enfance, il était celui qui, avec Tarkovski, ne ressemblait à aucun autre.
Jusqu’au dernier Festival de Cannes où, en mai, le cinéaste le plus secret du monde créait la surprise en faisant une apparition-événement lors de la projection officielle de son dixième long-métrage, le bien nommé « Une vie cachée ». Avec dans le rôle principal d’un fermier objecteur de conscience, martyr du nazisme, un certain August Diehl