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Rosella Postorino : dans la gueule du loup

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Cauchemar en cuisine » ne date pas d’hier… Eté 1943, Rosa Sauer, 26 ans, quitte Berlin pour trouver refuge chez ses beaux-parents à Gross-Partsch, en Prusse-Orientale. Sa mère a été tuée dans un bombardement américain et son logement réduit en cendres. Son mari, Gregor, combat sur le front russe depuis deux ans et elle ne l’a pas revu. Peu de temps après son arrivée, Rosa est embarquée par des SS qui la mènent à proximité de la Tanière du loup, le QG caché du Führer. Avec d’autres jeunes femmes, elle est enfermée dans un réfectoire avec ordre de goûter aux mets mitonnés pour Adolf Hitler. En ces temps de privation, chacune des convives devrait se réjouir de savourer gnocchis de semoule ou pot-au-feu de légumes, les plats préférés du top chef du Reich. Mais difficile de digérer sereinement quand les agapes, garanties véganes, menacent de se terminer en queue de poison.

« J’ai eu l’idée de mon livre en lisant un article sur Margot Woelk, explique Rosella Postorino. A 95 ans, elle confessait son passé de goûteuse tout en affirmant ne pas avoir été nazie. Ce qui me fascinait, c’est qu’elle avait été à la fois victime, puisqu’elle risquait sa vie tous les jours, et complice du régime, car elle était payée 200 marks par mois pour protéger Hitler… » L’auteure cherche alors à retrouver Margot Woelk, finit par dégotter son adresse, mais, le jour même où elle lui envoie une lettre, celle-ci rend son dernier soupir. « J’étais désespérée, je pensais que je n’avais plus le droit de raconter cette histoire-là, car je ne suis pas allemande, je n’ai pas vécu la guerre ni la dictature. Mais je me suis finalement lancée car une question me hantait : qu’aurais-je fait à sa place ? » Pour mieux s’identifier à son héroïne, elle décide de l’appeler Rosa, comme elle, Rosella étant le surnom que lui donnaient ses parents, vendeurs de légumes en Calabre. « Je pense que tout le monde aurait pu agir comme Margot. Et je voulais imaginer mes mesquineries, mes peurs, mais aussi mes désirs, mes besoins, mon courage, dans une situation extrême. 

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