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Nick Mason sur les flots du Floyd

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C’était un rêve de pouvoir enfin jouer le répertoire des jeunes années de Pink Floyd ?
Nick Mason. Je ne l’avais jamais imaginé ! Ce n’est pas mon idée mais celle de Dick Parry, qui a presque tout monté dans mon dos. Le projet était si abouti quand on me l’a proposé que je ne pouvais plus dire non.

Qu’est-ce qui vous a surpris dans ces chansons de jeunesse comme “Arnold Layne”, “See Emily Play” ?
Qu’elles étaient bien plus complexes que ce dont je me souvenais. Je me suis replongé dans les versions originales pour retrouver l’esprit dans lequel nous les avions enregistrées. Mais l’idée n’était surtout pas de coller aux albums de l’époque.

Pourquoi vous êtes-vous concentré sur le Pink Floyd d’avant 1972 ?
Pour éviter de me retrouver en compétition avec tous ces groupes qui jouent “Money” ou “Comfortably Numb” à longueur de temps. Il y a quasiment un “tribute band” par soir qui interprète nos chansons… Je préfère m’intéresser à des morceaux moins connus comme “Vegetable Man”, écrit par Syd [Barrett]. En le jouant, je le revois lui l’écrivant, je revois chaque objet dont il parle. Ça fait très plaisir de se replonger dans cette époque. Pink Floyd n’a pas eu le temps d’interpréter en public ces titres-là. On pense souvent que nous avons tout organisé, mais tout s’est fait de manière empirique : nous avancions de disque en disque, de tournée en tournée, sans forcément regarder en arrière. C’est comme ça, par exemple, que l’album “Atom Heart Mother” n’a quasiment jamais été interprété sur scène.

Préparez-vous de nouvelles chansons ?
Oh, ce n’est pas le propos. En revanche, on va se pencher sur ce qu’il nous reste de titres peu connus de cette période. Et il y en a pas mal !

Vous donnez l’impression d’être le seul des trois survivants à défendre l’héritage que vous avez construit. Vrai ou faux ?
C’est le sentiment que vous pouvez avoir parce que je me suis totalement investi dans l’exposition que nous a consacrée le musée V&A à Londres. Mais Roger [Waters] comme David [Gilmour] sont tout aussi intéressés à préserver l’héritage. Rien ne se fait sans leur consentement.

Qu’est-ce qui vous empêche de vous retrouver aujourd’hui ?
Jouer ensemble sans Rick [Wright, décédé en 2008] n’a pas de sens. Que notre histoire commune se soit terminée sur le Live 8 c’est pas mal aussi. Au moins on l’a fait pour les bonnes raisons…

Il y a pourtant eu l’album “The Endless River” en 2014…
Oui, qui était un hommage à Rick. Et que je considère comme une conclusion raisonnable.

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