Lorsqu’elle arrive dans une salle de classe, les gamins l’observent d’un œil attentif et malicieux. Les moins timides posent des questions, encouragés par la maîtresse. Quel est ton prénom ? Que viens-tu faire ici ? L’ancienne Miss France se présente : « Je m’appelle Marine, je viens constater les actions de l’Unicef en Jordanie, voir comment je peux être utile. »
Un petit se lève à la fin pour poser à ses côtés. Il ne veut pas une photographie classique. Il verbalise son désir d’un mot à la signification internationale : « selfie ». Un brin étonnée, Marine rit, se plie à cette volonté moderne. Elle est à l’aise dans ce Makani Center d’Amman, un des centres financés par l’agence des Nations unies pour les enfants vulnérables, notamment réfugiés syriens. Ils y trouvent soutien scolaire, cours d’anglais, de sciences et activités ludiques. Les mères peuvent y recevoir une formation. Un cocon de stabilité après le fracas de la guerre pour certains d’entre eux.
Mohammed vient d’Egypte, Abdallah de Homs, Hamza est jordanien, ils ont entre 6 et 8 ans et tentent d’établir un dialogue avec cette Française inconnue. Pas de long discours, un nom leur suffit : Griezmann. Marine acquiesce, mime des gestes de football. S’ils savaient… Elle n’ose pas leur révéler qu’elle fréquentait la même école primaire que le champion. Tous deux originaires de Mâcon, ils sont partis tôt loin de chez eux. « Je voulais découvrir le monde, je savais que je quitterais la Saône-et-Loire. » Un responsable de l’Unicef lui explique la fermeture prochaine d’une soixantaine de ces Makani, faute de moyens pour payer les éducateurs, les fournitures, les locaux… La crise syrienne déclenche peu la solidarité du donneur hexagonal : 1,5 million récolté en sept ans, maigre butin