Personnalité ancrée dans le monde du football français depuis des décennies, Lilian Thuram dédie aujourd’hui sa vie à la lutte contre le racisme et la xénophobie. La Fondation Lilian Thuram a été créée pour sensibiliser les plus jeunes et leur inculquer des valeurs de respect et de tolérance. Dans le livre «Sacré Bleu» disponible à partir du 28 mai 2020, l’auteur Matthew Spiro retrace le parcours des footballeurs français depuis leur première Coupe du monde en 1998 jusqu’à leur seconde vingt ans plus tard. Le défenseur de 48 ans y a évoqué une partie de son enfance et son idéologie anti-raciste
Né en Guadeloupe en 1972, c’est lorsqu’il a déménagé en 1981 en France métropolitaine, à Paris, que Lilian Thuram a été frappé par le racisme. «Ce qui m’a heurté lorsque je suis arrivé, ce sont mes camarades de classe qui me jugeaient pour ma couleur de peau. Ils me faisaient croire que ma couleur de peau était inférieure à la leur et qu’être blanc était mieux», a-t-il déploré, comme le rapporte Matthew Spiro au journal «The Guardian» ce mercredi 27 mai 2020. Celui qui deviendra champion du monde quelques années plus tard s’est posé de nombreuses questions lorsqu’il n’avait que 9 ans. «Pourquoi me taquinent-ils ? D’où ça vient ?», se demandait-il.
«Il y a des racistes et ça ne changera pas», répondait platement sa mère. En quête d’une réponse plus complète et satisfaisante, Lilian Thuram s’est alors plongé dans des livres, étudiant tous les évènements qui auraient créé ce pitoyable état d’esprit. «Historiquement, on classait les gens. On créait des hiérarchies en fonction de la couleur de peau», a-t-il expliqué. «On a éduqué les personnes blanches à penser qu’elles dominent les autres. Comme nous avons éduqué les hommes à se sentir dominant envers les femmes. Il y a de mécanismes intellectuels et idéologiques qui ont été construits pour exploiter les autres», a-t-il poursuivi.